Par Serge Portelli, Ã lire absolument :
http://chroniquedelhumaniteordinaire.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/08/07/le-sarkozysme-la-droite-extreme-et-l-extreme-droite.html
4/09 Grand rassemblement citoyen Place de la République à Paris, à 14h en savoir plus
17-18-19/09 Universités de rentrée d'Un Monde d'Avance
2/08/2010.
La gravité des propos de Nicolas Sarkozy à Grenoble le 30 juillet dernier n’aura échappé à quiconque est encore sensible aux valeurs républicaines, de droite comme de gauche.
Ces propos interviennent comme toujours à la suite d’un fait divers, comme toujours pour donner l’illusion d’une forte capacité de réactivité, comme toujours pour mettre en place des politiques préméditées qui attendaient au fond d’un tiroir un prétexte jailli de l’actualité et de l’émotion.
Mieux encore, les vacances d’été sont propices à ne laisser lire à nos concitoyens que la surface des choses, et laisser peu de place à l’opposition, peu réactive ou laconique en cette période. Le minimum a quand-même été rappelé à cette occasion par le PS et les autres partis de gauche, et quelques associations telles la Ligue des Droits de l’Homme ou la Cimade :
-l’échec total de la politique sécurité depuis 2002 (Sarkozy ministre de l’intérieur, puis Président de la République), avec notamment une baisse continue des effectifs de Police et Gendarmerie (rien que 9000 en moins ces trois dernières années), un démantèlement de la police de proximité, bref, un désengagement total contrastant avec un discours sécuritaire trompeur et dangereux.
-L’anti constitutionnalité et le caractère profondément antirépublicain de prétendre déchoir de la nationalité française certains citoyens, distingués par le chef de l’Etat lui-même comme étant d’origine étrangère, et qui auraient porté atteinte à des fonctionnaires dépositaires de l’autorité publique.
Ce type de proposition, copie conforme désormais institutionnalisée par Sarkozy des thèses de l’extrême-droite, s’appuie sur l’amalgame immigration-insécurité, discours basé sur un constat d’échec du modèle républicain et la désignation de bouc-émissaires.
Et la méthode de cette droite-là est la même à chaque fois, que cela soit pour les questions de sécurité, de santé, de fiscalité, d’environnement, etc. La méthode consiste à dresser un bilan désastreux pour exiger, sur ces décombres, des changements radicaux qui n’ont pas pour but de préserver ce qui est bien et de rendre les systèmes vertueux, mais celui de détruire la base de ces systèmes afin de les rendre fragiles et par le désengagement de l’Etat créer pour le secteur privé des marchés nouveaux.
Ces « décombres » sont souvent désignés avec exagération par la droite : le fameux « trou de la sécu » n’était qu’une goutte d’eau dans le budget de l’Etat ; l’endettement de la France diminuait sous le gouvernement Jospin jusqu’en 2002... A contrario, ils n’ont pas toujours été correctement estimés par la gauche au pouvoir. Et il y eut cette tendance à considérer que nous étions les meilleurs promoteurs du « vivre ensemble » et que nos politiques parviendraient d’elles-mêmes à élever la condition des plus démunis et des populations des « quartiers » sans douter un moment que notre modèle républicain pouvait connaître une crise.
Je me rappelle personnellement de certains excès qui m’avaient valu des discussions enflammées avec des camarades de SOS Racisme, quand j’estimais qu’ils se trompaient parfois de terrain dans le combat contre le racisme, prêchant sans relâche les droits des uns et des autres sans accompagner leurs actions d’explications sur les devoirs de chacun. On ne m’aura ainsi jamais vu défiler pour réclamer justice suite à la mort d’un voleur de voiture à l'issue d'une course-poursuite, quelles qu’en furent les circonstances, et bien que cela méritât à juste titre enquêtes et sanctions. Le fait qu'on ne puisse lire dans notre indignation que notre profonde sollicitude à l'égard des minorités sans appréhender notre sincère attachement à l'ordre et la justice pour tous, me tenait à l'écart de telle manifestation.
La gauche a ainsi hérité d’une réputation laxiste en même temps que la droite renforçait auprès de la population l’idée qu’elle était la meilleure sur le terrain de la sécurité.
Les nouvelles générations militantes de la gauche d’aujourd’hui semblent avoir bougé sur ces questions et gagné en discernement. Elles savent mieux poser l’enjeu crucial de l’ordre républicain.
En même temps que la droite, mais faut-il encore pouvoir échapper à la force de ses discours excessifs, démontre aujourd’hui, chiffres à l’appui, sa carence, son inertie, son désengagement dans ce domaine précis : elle est inopérante et en échec total. Délinquance en hausse, augmentation continue des atteintes aux personnes, engorgement des tribunaux, régression des effectifs et des moyens de la Police ou de la Gendarmerie.
Le seul point où l’on peut donc accorder crédit aux récents propos de Nicolas Sarkozy est que la situation est préoccupante depuis longtemps. Et de dire immédiatement qu’il l’a aggravée considérablement depuis qu’il s’est fait propriétaire de ce domaine.
Il a « abîmé la France » et ses valeurs, comme l’a justement déclaré Martine Aubry.
Ainsi, ce qui n’a pas été entrepris hier sera encore plus difficile à entreprendre demain pour rétablir l’ordre républicain. Le devoir de la gauche est d’expliquer comment elle entend le rétablir, puis qu’elle le fasse le jour venu.
Par sa capacité à lier la question de la sécurité à la question sociale, aux défis urbains, la gauche a toutes les clés en main pour développer des propositions en la matière, et ravir naturellement à la droite ce leadership thématique qui ne s’appuie sur rien.
Et rappeler ainsi que nous devons la sécurité à nos concitoyens. Nous savons combien la peur n’est pas émancipatrice mais productrice des pires moments de l’Histoire. Cette passion est régressive et nous pousse à la guerre – mot employé à dessein par le Président -.
Comme dans d’autres domaines où l’Etat s’est désengagé, nous aurons à reconstruire et déployer les forces de l’ordre sur tout le territoire, en adaptant leurs modalités d’intervention et de surveillance, en prenant garde à ce que rien ne nous échappe. Le retour de la police de proximité s’inscrirait complètement dans ce mouvement. De nombreux logements pourraient en même temps être réservés à ces effectifs pour participer d’un mouvement de mixité et de veille citoyenne, comme nous avions entrepris de le faire jadis.
Cette mixité pourrait d’ailleurs être encouragée par des politiques volontaires qui donneraient des moyens réels aux communes pour la favoriser. Reconstruction de quartiers, déploiement de services publics de proximité, incitation au développement des logements sociaux mais avec un droit de regard sur leur nature et notamment leur intégration à l’espace urbain.
Et il n’y a pas, bien sûr que la politique de la ville comme alliée d’une meilleure sécurité. La présence renforcée des équipes éducatives des établissements scolaires est à corréler efficacement. Sans jamais se substituer aux familles, une offre préventive constituée d’éducateurs et d’associations soutenues par les collectivités et l’Etat doit réinvestir les territoires où, faute de moyens, elle a reculé.
Enfin, en amont, les politiques sociales, le suivi personnalisé des demandeurs d’emploi, la lutte contre les discriminations à l'embauche, le pilonnage des économies souterraines et des trafics, produiraient un effet sur la baisse de la délinquance.
Réformer la Justice, aussi. Pour la rendre plus réactive, pour imaginer des peines complémentaires qui ont un effet positif sur le vivre ensemble. L’éloignement, les travaux d’intérêt général… Les tribunaux aujourd’hui n’ont ni le temps, ni les instructions pour développer ces peines. On leur demande plutôt de requérir des peines exemplaires, et c’est d’ailleurs en « exemples » que certains caïds rentrent fièrement dans leurs quartiers et font des émules.
On aura compris que tout cela demande des moyens, des effectifs, de l’éducatif. Un réengagement de l’Etat républicain qui doit l’ordre aux citoyens.
Sarkozy est dangereux parce qu’il est dogmatique et manichéen. Il considère la naissance comme le déterminant primordial de l’être. Il considère l’Etat comme un arbitre qui sort son carton rouge et statue sur chacun, n’imaginant pas une seconde que l’Etat puisse être un entraîneur qui favorise la cohésion et l’émancipation citoyenne. Et là, ce n’est pas simplement une équipe qui perd. C’est toute la République et chacun d’entre nous qui sont menacés.
Par Serge Portelli, Ã lire absolument :
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Sécurité: Hamon convie Bertrand à débattre avec Sarkozy, vu son "échec"
(AFP) â Il y a 5 heures
PARIS â Le porte-parole du PS Benoît Hamon a qualifié jeudi de "provocation" et d'"invitation surréaliste" la proposition de débat sur la sécurité faite par Xavier Bertrand (UMP) à Martine Aubry (PS), le conviant à s'adresser à Nicolas Sarkozy, vu son "échec" dans ce domaine.
"C'est une provocation supplémentaire de Xavier Bertrand. A lui et au gouvernement de se justifier du niveau d'insécurité jamais atteint en France", a déclaré le porte-parole socialiste à l'AFP.
Mercredi, dans L'Union de Reims, le patron de l'UMP a proposé à la première secrétaire du PS un débat public sur la sécurité.
"Invitation surréaliste", juge M. Hamon, qui vise "à expliquer qu'aujourd'hui, si la France a atteint un niveau d'insécurité jamais atteint dans le passé, ce n'est pas la faute de Nicolas Sarkozy, successivement ministre de l'Intérieur et chef de l'Etat, ou du gouvernement Fillon, mais la faute de la gauche".
"Manifestement, l'UMP a érigé l'irresponsabilité en art de gouvernement", a accusé le porte-parole, parlant de "démonstration d'échec" dans le domaine sécuritaire.
"Le gouvernement publie les statistiques qui l'arrangent, mais les agressions contre les forces de l'ordre ont augmenté de l'ordre de 12% entre 2002 et 2009, et jamais les violences contre les personnes n'ont été aussi nombreuses", selon M. Hamon. "Tout cela est la conséquence de choix politiques simplistes, dangereux, tournant le dos aux solutions efficaces, réalistes, concrètes", a-t-il poursuivi. Il faut "associer travail de police, enquêtes, présence sur le terrain avec prévention sociale, éducation. L'un sans l'autre sont inefficaces".
Quant à la visite du ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux jeudi à Grenoble, M. Hamon a commenté: "il peut bien augmenter provisoirement la présence à Grenoble, mais si c'est pour déshabiller la Seine-Seine-Denis... D'ici 2011, il y aura 11.000 gendarmes et policiers en moins", a-t-il accusé.
Sarko me fait l'effet d'être au bout du rouleau. Pour enterrer l'affaire Woerth, le voilà obligé de ressusciter Pétain. Jusqu'où ira-t-il à la prochaine affaire ? Ne se prépare-t-il pas un 21 avril à l'envers ?
Badinter ce matin sur France inter. Limpide.
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Merci. Bien vu pour le lien vers le billet de Serge Portelli. En effet, Ã lire absolument !! http://chroniquedelhumaniteordinaire.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/08/07/le-sarkozysme-la-droite-extreme-et-l-extreme-droite.html