un bon texte merci; on est sur la même longueur d'onde !
Pour la démocratie économique
27/28/29/08 Universités d'été du PS à La Rochelle
7/09 manifestation et mobilisation de tous contre le projet de loi du gouvernement sur les retraites
17-18-19/09 Universités de rentrée d'Un Monde d'Avance
13/07/2010.
Certes, la presse libre et l'opposition se sont emparés à raison de l'affaire Woerth-Bettencourt pour dénoncer les liaisons dangereuses entre les intérêts privés (des grandes fortunes, bien sûr) et l'intérêt général... mais il faut aller plus loin et développer un principe essentiel, à défaut duquel la démocratie, la République et le progrès social resteront toujours vulnérables.
Un principe de "démocratie économique" est à inventer et développer.
Il s'appelle "démocratie" parce qu'il rejette deux dictatures : celle du marché aux mains des oligarchies financières et celle du tout-Etat totalitaire. L'une que nous connaissons aujourd'hui et l'autre qui s'est défavorablement illustrée au 20ème siècle.
Il s'appelle "économique" parce qu'il met en place un périmètre, des règles, des cadres qui ont en commun l'objectif de soumettre la machine économique au service de l'intérêt général.
Il s'agit d'aller beaucoup plus loin que de relever çà et là collusions, corruptions, conflits d'intérêts et abus de biens sociaux, ou d'invoquer la moralisation financière par incantations périodiques. Il s'agit d'entrer dans un nouveau cycle et un nouveau système économique et social au service de l'homme.
Il va sans dire que le gouvernement de Sarkozy n'en prendra pas le chemin, puisque c'est à rebours de cette idée qu'il conduit la France depuis 2007, en déréglementant droit des affaires, droit du travail... etc.
Pire que ça, le discours sur lequel la droite s'appuie pour l'emporter en 2007 est celui de l'hypertrophie de l'Etat (dont elle a paradoxalement accru l'endettement par ses multiples cadeaux aux plus riches) et de s'en remettre à nos grandes entreprises qui, elles, créeraient de l'emploi et contribueraient à tirer la France vers le haut, promesse légendaire du "laisser faire, laisser passer" qui s'oppose de façon dogmatique au "welfare state" keynesien.
Et c'est ce dogme libéral que Sarkozy applique à tour de bras, ignorant même avec cynisme le contexte de crise économique et dèjà sociale qui recommanderait pourtant d'accroître l'intervention publique plutôt que de l'appauvrir et de la démanteler avec méthode.
Ce discours mythique de l'entreprise émancipatrice a triomphé sur les décombres des utopies communistes et sur les trop nombreuses dérives social-libérales de la gauche de gouvernement.
Sans grandes théories, tenons-nous en donc aux faits : les petites entreprises n'ont jusqu'à ce jour rien gagné par la droite au pouvoir, et les réformes ont plutôt profité aux très grandes entreprises qui n'ont pas créé d'emplois sur la période... mais obtenu des dividendes record et des cours de bourse démultipliés. Sans compter les réformes s'attaquant aux droits des salariés qui, de proche en proche, ébranlent le fonctionnement et la croissance des petites comme des grandes entreprises.
Tenons-nous en toujours aux faits : les collectivités locales et l'Etat sont historiquement les plus grands investisseurs et créateurs d'emplois. Que penser dès lors d'une politique qui vise à appauvrir les premières et faire reculer le second ? On ne peut qu'y lire la volonté de livrer au marché les secteurs où dominait la puissance publique.
Il s'agit à travers ces lignes de rappeler que l'intervention publique est primordiale. Elle est théoriquement dirigée vers l'intérêt général et ne privilégie pas, contrairement à l'intiative privée, le profit à court terme.
De rappeler aussi, et la crise des subprimes comme le sauvetage des banques (péripéties dont elles se sont pour le coup, très bien remises, à nos frais...), de rappeler que le dogme de l'autorégulation des marchés est une sottise infinie, aussi bien que l'idée selon laquelle tout secteur d'activité s'enrichirait mécaniquement par le simple fait de sa privatisation. Reconnaissons qu'il y a quand même un enrichissement, mais celui de quelques-uns... Pendant qu'on jette à la rue des salariés et qu'on tire bénéfice des régressions sociales.
Il faut souhaiter une victoire de la gauche en 2012, mais celle-ci aura fort à faire. Rétablir une puissance publique en lambeaux ne sera pas aisé. Aussi, il nous faudra une volonté inébranlable pour inverser la tendance.
Des avancées significatives en termes de démocratie économique devront être effectuées. L'essence de ce principe tient en ce que l'Etat - la République - est avant tout une entité dans laquelle chaque citoyen a mis une part de lui-même, et l'intérêt général et le progrès social devraient être ses moteurs. Trois exemples s'inscrivant dans cette démarche :
- Une aide aux entreprises systématiquement conditionnée. Le rapport privé-public ne saurait être à sens unique, là où le premier attendrait tout du second et ne s'inquièterait pas des contreparties à fournir, s'imaginant que les taxes et impôts seraient déjà à eux seuls une contribution indépassable. Eh bien non ! Il faut dans ce domaine une politique offensive, qui puisse se doter d'outils permettant d'aider ceux qui méritent d'être aidés, de sanctionner pénalement et financièrement ceux qui abusent.
- La participation active des salariés à la gestion de l'entreprise encouragée et pourquoi pas rendue obligatoire dans certaines entreprises (selon leur taille, leur secteur d'activité...). Mesure qui va bien sûr dans le sens d'une meilleur répartition des richesses produites.
- La définition d'un périmètre où certains secteurs ne relèveraient que de la puissance publique (sécurité, éducation, énergie, eau, laboratoires pharmaceutiques...), et encore d'autres soumis à une réglementation stricte dictée par l'Etat (santé, assurance, banque...).
Concluons en exportant le débat à l'échelle européenne, laquelle Europe a pris un chemin tout à fait différent de ce qui est prôné ici... Car de l'Europe économique qui s'est construite, que pouvons-nous faire ?
Jeter le bébé avec l'eau du bain : une catastrophe politique. Continuer à développer les échanges dans un déséquilibre économique et une inéquité sociale et fiscale (dumping) : voilà l'autre catastrophe qui a bel et bien commencé...
La seule issue politique salvatrice pour l'Europe est de se construire une cohérence économique, sociale et politique. C'est donc d'avoir une logique fédéraliste et démocratique sur le plan institutionnel, une logique d'harmonie fiscale qui pourrait passer par une fiscalité européenne se substituant à tout ou partie des fiscalités nationales, une logique de progrès social pour niveler par le haut les droits des salariés sur le sol européen.
Voilà ce qu'on ne nommerait même pas, par simple réalisme, projet de civilisation, mais qui ferait prendre tellement de hauteur à nos dirigeants là où les ententes, les chèques et les virements vers ceux qui développent une politique au profit exclusif d'une poignée de nantis, sont d'une bassesse qui justifie mille fois la défiance des peuples à l'égard de la chose publique, et son désenchantement démocratique.
actu politique
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Commentaires
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(Posté le 2010-07-12 22:01:00 par )

OK pour ce qui est dit de l'Europe. Ce qui est par ailleurs ici tenu comme discours aux petites entreprises mérite d'être encore mieux partagé dans votre parti politique. Que ceux-ci comprennent enfin qu'il est de leur intérêt de marcher aux côtés des travailleurs... bonne chance !